Le rêve rond des peupliers est un recueil de poèmes publié aux Éditions D’Ici et D’Ailleurs en 2011.

Le livre est traversé par des rencontres : des êtres aimés ou inconnus, des corps, des lieux, des figures réelles ou imaginaires. Au fil des poèmes, leurs frontières deviennent poreuses : les corps se font paysages, les êtres se mêlent au monde qui les entoure, tandis que le dehors vient peupler l’espace intérieur. De ces passages et de ces métamorphoses émerge peu à peu une géographie intime, traversée par le lien, l’enfance, l’altérité, le désir et la conscience de la disparition.

Notre Jardin
(extrait)

Je ne te dirai plus mon nom
Ni le chemin qui mène aux sources
Ni la maison qui me réchauffe
Je ne te dirai plus le bruit
Que fait ta peau dans la lumière
Et ta main bleue comme une enfant
A dessiner notre visage
Elle n’écrira plus dans mes yeux
Ni ta chanson ni ton orage
Je ne te boirai plus les mots
Versés partout dans tes sillons

Les orphelins
(extrait)

Le jour avait du gris tout au fond de ses yeux
La tête chiffonnée d’une nuit malheureuse
Il avait des couleurs inconnues de nous tous
Le jour abasourdi maladroit titubant
Se laissait bousculer par des vents insolents
Le jour avait du sombre au revers de la main
Il avait dans la main comme un paquet de lettres
Nous étions devant lui attendant ses paroles

Silence
(extrait)

Silence Quand voudras-tu me dire ?
Quoi donc ?
Non rien
Silence
Il enferma les mots dans le silence
Et regarda loin très loin dans l’humidité de la terre
Quand voudras tu pleurer ?
Quand la pluie cessera
Pour empêcher nos mains
D’être à jamais rugueuses
Et quand voudras-tu rire ?
Après ton baiser bleu

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